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Escalade de la crise de l’extinction

Partager sur Facebook! par  eric kawa   9/11/2007  

Selon la Liste rouge, les grands singes, les coraux, les vautours,les dauphins sont tous
en danger. La Liste rouge de l’UICN des espèces menacéesdresse régulièrement le bilan
de l’état des planteset des animaux de la planète. Cette Liste fait autorité dans le monde.
L’édition 2007 renouvellel’appel à la mobilisation face à la crise mondiale de l’extinction des
espèces sauvages.


Gland, Suisse, 12 septembre 2007, Union mondiale pour la nature (UICN)
La vie sur Terre disparaît rapidement et continuera de disparaître si des mesures ne sont
pas prises de toute urgence: c’est ce que dit la liste rouge de l’UICN des espèces menacées 2007.

La Liste rouge de l’UICN répertorie désormais 41 415 espèces dont 16 306 sont menacées
d’extinction (contre 16 118 l’an dernier). Le nombre total d’espèces éteintes a atteint le chiffre
de 785 et 65 autres n’existent qu’en captivité ou en culture. Un mammifère sur quatre, un
oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes évaluées dans la
Liste rouge de l’UICN 2007 sont en péril.

Julia Marton-Lefèvre, Directrice Générale de l’Union mondiale pour la nature (UICN), déclare:

« La Liste rouge de l’UICN de cette année démontre que les efforts inappréciables déployés à
ce jour pour protéger les espèces sont insuffisants. Le rythme de l’érosion de la biodiversité
s’accélère et nous devons agir sans plus attendre pour le réduire demanière significative et
pour mettre un terme à cette crise mondiale de l’extinction. Nous pouvons le faire mais
uniquement dans le cadre d’un effort concerté à tous les niveaux de la société. »

La Liste rouge de l’UICN des espèces menacées est largement reconnue comme l’évaluation
la plus fiable du statut des espèces de la planète. Elles y sont classées selon le risque
d’extinction et la Liste met clairement en lumière le déclin continu de la diversité biologique
mondiale et les impacts de l’humanité sur la vie sur Terre.
Jane Smart, Chef du Programme de l’UICN pour les espèces, explique :

« Nous devons connaître l’état précis des espèces pour pouvoir prendre les mesures qui
s’imposent. C’est ce que fait la Liste rouge de l’UICN en mesurant l’état de la diversité
biologique à l’échelon mondial, le rythme auquel elle disparaît et les causes du déclin.
Nos vies sont intimement liées au sort de la diversité biologique et, au bout du compte
sa protection est essentielle à notre propre survie. Le monde commence à réagir à la crise
actuelle de perte de la diversité biologique et a besoin de l’information donnée par la
Liste rouge de l’UICN pour concevoir et appliquer des stratégies de conservation efficaces
dans l’intérêt de l’homme et de la nature. »

 

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Quelques instantanés de la Liste rouge de l’UICN de cette année

Le déclin des grands singes
Une nouvelle évaluation de nos parents les plus proches, les grands singes, révèle un
tableau plutôt sombre. Le gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) est passé de la catégorie
‘En danger’ à ‘En danger critique d’extinction’. On a, en effet, découvert que la principale
sous-espèce, le gorille de plaine occidental (Gorilla gorilla gorilla) a été décimée par le
commerce de la viande de brousse et le virus Ebola. Depuis 20 à 25 ans, la population a
diminué de plus de 60 % et environ un tiers de la population totale présente dans les
aires protégées asuccombé au virus Ebola depuis 15 ans.
L’orang-outan de Sumatra (Pongo abelii) reste dans la catégorie ‘En danger critique
d’extinction’ et l’orangoutan de Bornéo (Pongo pygmaeus) dans la catégorie ‘En danger’.
Tous deux sont menacés par la perte d’habitat due à l’exploitation licite et illicite du bois
et au défrichage des forêts pour faire place à des plantations de palmiers à huile. À Bornéo,
la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 2000 km² à 27000 km² entre
1984 et 2003 ce qui ne laisse que 86 000 km² d’habitat disponible pour l’espèce dans toute l’île.


Première apparition des coraux sur la Liste rouge de l’UICN. Pour la première fois, des
coraux ont été évalués et inscrits sur la Liste rouge de l’UICN. Dix espèces des Galápagos
ont fait leur entrée sur la Liste dont deux dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’
et une dans la catégorie ‘Vulnérable’. Rhizopsammia wellingtoni a été classé ‘
En danger critique d’extinction’ (Peutêtre éteint).
Pour ces espèces, les menaces principales sont les effets du phénomène El Niño et des
changements climatiques. Par ailleurs, 74 algues des îles Galápagos ont été inscrites
sur la Liste rouge de l’UICN. Dix sont jugées ‘En danger critique d’extinction’ et six d’entre
elles ‘Peut-être éteintes’. Les espèces d’eau froide sont menacées par les changements
climatiques et l’augmentation de la température des mers qui caractérise El Niño.
Les algues sont aussi indirectement affectées par la surpêche qui élimine les prédateurs
de la chaîne alimentaire et favorise ainsi la prolifération des oursins et d’autres herbivores
consommateurs d’algues.


Le dauphin d’eau douce du Yangtze En danger critique d’extinction (Peut-être éteint)
Après une recherche intensive, mais infructueuse, en novembre et décembre de l’année
dernière, le dauphin d’eau douce du Yangtze, ou Baiji (Lipotes vexillifer) a été inscrit
dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ (Peut-être éteint). Si le dauphin
n’a pas été placé dans la catégorie supérieure, c’est qu’il faudra mener d’autres
études avant de le classer définitivement ‘Éteint’. Une observation possible, signalée fin
août 2007, est en train d’être vérifiée par des experts scientifiques chinois. Pour cette espèce,
les principales menaces sont la pêche, le transport fluvial, la pollution et la dégradation de l’habitat.

Le crocodile de l’Inde (Gavialis gangeticus), et du Népal, est aussi confronté aux
menaces de la dégradation de son habitat et a été déplacé de la catégorie ‘En danger’
à ‘En danger critique d’extinction’. Récemment, sa population a chuté de 58 % – de
436 adultes reproducteurs en 1997 à 182 en 2006. Les barrages, les projets d’irrigation,
l’exploitation du sable et les digues artificielles ont envahi son habitat, le réduisant à 2 %
de l’aire de répartition d’origine.

Les vautours en crise
Cette année, le nombre total d’oiseaux répertoriés dans la Liste rouge de l’UICN s’élève
à 9956 dont 1217 sont menacés. En Afrique et en Asie, les vautours sont sur le déclin et
le classement de cinq espèces dans la Liste rouge a été modifié. En Asie, le vautour royal
(Sarcogyps calvus) est passé de ‘Quasi menacé’ à ‘En danger critique d’extinction’ tandis
que le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est passé de ‘Préoccupation
mineure’ à ‘En danger’. Depuis huit ans, le déclin rapide des oiseaux est poussé par
l’utilisation d’un médicament, le diclofenac, pour traiter le bétail.
En Afrique, trois espèces de vautours ont fait l’objet d’une nouvelle classification, notamment
le vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis), passé de ‘Préoccupation mineure’ à
‘Vulnérable’,le vautour africain (Gyps africanus) et le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii),
tous deux passés de ‘Préoccupation mineure’ à ‘Quasi menacé’. Le déclin des oiseaux est dû
au manque de nourriture, avec la réduction du nombre de mammifères sauvages herbivores,
à la perte d’habitat et à la collision avec les lignes à haute tension. Ils ont également été
empoisonnés par des carcasses délibérément aspergées d’insecticide pour éliminer les
prédateurs du bétail tels que les hyènes, les chacals et les grands félins.
Malheureusement ces carcasses tuent aussi les vautours.

Des reptiles nord-américains ajoutés à la Liste rouge de l’UICN
Suite à une vaste évaluation, 723 reptiles mexicains et nord-américains ont été ajoutés à la
Liste rouge de l’UICN ce qui porte le total à 738 reptiles inscrits pour la région. Parmi eux,
90 sont menacés d’extinction. Deux tortues d’eau douce mexicaines, Trachemys taylori et
Trachemys ornata, sont inscrites dans les catégories ‘En danger’ et ‘Vulnérable’,
respectivement. Toutes deux sont menacées par la perte d’habitat. Le crotale mexicain
Crotalus catalinensis, persécuté par les collectionneurs qui le chassent illégalement, a
également rejoint la Liste.

Plantes en péril
Sur la Liste rouge de l’UICN, il y a maintenant 12 043 plantes dont 8447 sont menacées.
Le bégonia Begonia eiromischa est la seule espèce à avoir été déclarée ‘Éteinte’ cette année.
Cette plante de Malaisie n’est connue que par des prélèvements réalisés en 1886 et 1898
sur l’île de Penang. Des activités de recherche intenses, dans les forêts voisines, n’ont permis
de trouver aucun spécimen depuis 100 ans. L’abricot sauvage Armeniaca vulgaris d’Asie
centrale a été évalué et fait son entrée dans la Liste rouge de l’UICN pour la première
fois dans la catégorie ‘En danger’. L’espèce est l’ancêtre direct de plantes largement cultivées
dans de nombreux pays dans le monde mais sa population diminue à mesure que son habitat
fait place à des infrastructures touristiques et à l’exploitation pour le bois, l’alimentation et le
matériel génétique.

Le poisson-cardinal de l’île de Banggai victime du commerce pour les aquariums
La surpêche maintient la pression sur de nombreuses espèces de poissons, tout comme la
demande du commerce pour les aquariums. Le poisson-cardinal de l’île de Banggai ou apogon
de Kaudern (Pterapogon kauderni), très recherché par les amateurs d’aquariums, est inscrit
pour la première fois sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie ‘En danger’. Ce poisson
que l’on ne trouve que dans l’archipel de Banggai, près des Célèbes, en Indonésie, est très
lourdement exploité. On en prélève environ 900 000 par an. Les spécialistes de la
conservation prônent l’élevage de ce poisson en captivité pour les aquariums afin que les
populations sauvages aient une chance de se reconstituer.

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Ces instantanés de la Liste rouge de l’UICN 2007 ne sont que quelques exemples illustrant
la disparition rapide de la diversité biologique à l’échelle du Globe. La disparition des espèces
a une incidence directe sur notre vie. La diminution du nombre de poissons d’eau douce,
par exemple, prive les communautés rurales pauvres non seulement de leur principale source
alimentaire mais aussi de leurs moyens d’existence. La perte des espèces est notre propre
perteIl arrive que les mesures de conservation puissent ralentir la perte de diversité biologique
mais il reste de nombreuses espèces auxquelles il faudrait consacrer plus d’attention.
Cette année, une seule espèce a été transférée vers une catégorie de menace inférieure.
La perruche de Maurice (Psittacula eques) qui, il y a 15 ans, était un des perroquets les
plus rares au monde, est passée de la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ à ‘En danger’.
Cette amélioration est le résultat de bonnes mesures de conservation, notamment la
surveillance étroite des sites de nidification et l’apport de nourriture supplémentaire,
associées à un programme d’élevage en captivité et de lâcher. Jean-Christophe Vié,
Chef adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces, déclare : « Notre expérience
nous montre que les programmes de conservation peuvent donner de bons résultats
mais, malheureusement, cette année, nous n’annonçons d’amélioration que pour une seule espèce.
C’est très inquiétant compte tenu des engagements pris par les gouvernements,
par exemple l’objectif 2010 de réduction du taux de perte de la biodiversité. Cela montre,
à l’évidence, que nous devons redoubler d’efforts pour soutenir les travaux des milliers
de personnes enthousiastes qui luttent, chaque jour,dans le monde entier, pour préserver
la diversité de la vie sur cette planète.» Holly Dublin, Présidente de la Commission de
la sauvegarde des espèces de l’UICN, ajoute : « les réseaux de la conservation qui
consacrent leurs efforts à la lutte contre la crise de l’extinction, comme la Commission
de la sauvegarde des espèces, sont efficaces. Ils ont cependant besoin qu’on les aide et
qu’on les appuie financièrement bien davantage car tous seuls, ils sont impuissants.
Le défi que représente la crise de l’extinction doit aussi retenir l’attention du grand
public, du secteur privé, des gouvernements et des décideurs politiques si l’on veut
que la diversité biologique mondiale soit transmise intacte aux générations à venir. »

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L’homme, soit directement soit indirectement, est le principal responsable de la majeure
partie du déclin des espèces. La destruction et la dégradation de l’habitat continuent d’être
les causes premières du déclin des espèces, parallèlement à des menaces trop familières
espèces envahissantes introduites, prélèvement non durable, chasse excessive, pollution
et maladies. Et de plus en plus, les changements climatiques sont reconnus comme une
menace grave en mesure d’amplifier le danger.

Des analyses approfondies de la Liste rouge sont publiées tous les quatre ans. Il y a eu des
analyses en 1996, 2000 et 2004. L’évaluation mondiale des espèces 2004
(Global Species Assessment) peut être consultée à l’adresse :
http://www.iucn.org/themes/ssc/red_list_2004/2004home.htm

À ce jour, les principales conclusions sont :

Dans presque tous les grands groupes taxonomiques, le nombre d’espèces menacées
augmente. Les indices Liste rouge, un nouvel outil de mesure des tendances du risque
d’extinction sont importants pour le suivi des progrès vers l’objectif 2010 de réduction
de la perte de biodiversité. Ils sont disponibles pour les oiseaux et les amphibiens et
montrent que leur état s’est constamment détérioré depuis les années 1980. Un indice
Liste rouge de l’UICN peut être calculé pour tout groupe ayant été évalué au moins
deux fois.

La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés se trouvent dans les régions
tropicales continentales – là où l’on trouve des forêts tropicales caducifoliées qui abriteraient
la majorité des espèces terrestres et d’eau douce de la planète. Parmi les pays évalués,
l’Australie, le Brésil, la Chine et le Mexique possèdent un nombre d’espèces menacées
particulièrement élevé.Les estimations varient fortement mais le taux d’extinction actuel
est au moins 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel.

 

 



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